
Le lundi 5 octobre, vers 13h00, un terroriste kamikaze est entré dans une rame du tramway de Grenoble pour y déposer sur un siège, un sac contenant un flacon de gaz toxique, du Soman, qu’il a ouvert.
Quelques instants plus tard, 73 passagers sont pris de malaises, 3 s’effondrent, morts. Le conducteur, alerté par des passagers stoppe la rame et alerte les secours.
Au même moment, alors qu’il rentre à vide au dépôt des bus, un chauffeur découvre un paquet qui laisse s’échapper un liquide suspect sur le plancher du véhicule. Même reflexe que le conducteur de tram, il stoppe son bus et prévient les autorités compétentes.
Voici le scénario catastrophe préparé par les services de la Préfecture de l’Isère dans le cadre d’un exercice de Sécurité Civile.
* Pour le bus, seuls les Gendarmes (25 gendarmes des cellules Recherche et NRBC) sont intervenus pour neutraliser la zone et commencer le travail d’enquête (pas de blessés).
* Pour la rame de tramway,
Ce sont plus de 300 personnes qui ont été mobilisées pour cet exercice :
- 120 sapeurs-pompiers (de l’Isère + deux détachements de la Drôme et la Savoie) qui ont fait fonctionner une chaine de décontamination
- 73 figurants, victimes (et 3 mannequins !), qui ont été réellement décontaminés (douche froide puis chaude …)
- 30 agents de la Police Judiciaire de Grenoble et Lyon qui ont pu identifier le terroriste au milieu des victimes
- 24 personnels SAMU et agents médicaux pour gérer le PMA.
- 20 agents de la police nationale
- 15 secouristes de la Protection Civile de l’Isère, de la Croix Rouge Française et de la Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme.
- 15 agents de la police municipale
Sans compter les observateurs et organisateurs de l’exercice.
Vers 14h00, le lundi 5 octobre, 4 secouristes de la Protection Civile de l’Isère reçoivent un appel des autorités préfectorales leur demandant de se rendre le plus rapidement possible sur les lieux de l’attentat, avec un VPSP.
A 14h30, ils arrivent sur place et se présentent au Poste de Commandement du SDIS de l’Isère afin de signaler leur présence. Ils sont dirigés vers la CUMP où ils sont accueillis par un psychiatre du SAMU et un médecin Sapeur Pompier qui leur expliquent leur mission : Il s’agit de maintenir les victimes non recensées par la police et le SAMU dans une partie de la pièce, tout en envoyant celles recensées vers la tisanerie, tenue par la Croix Rouge.
Les secouristes sur place ont ainsi pu utiliser leurs connaissances en Premiers Secours Socio-Psychologiques.
Ils ont aussi du parfois, faire le lien avec la Police Judiciaire ou le PMA, pour des personnes égarées.
Dans le même temps, le responsable opérationnel départemental de l’Isère, le Docteur Bernard DAVID, appelait la veille opérationnelle et demandait les renforts disponibles dans les départements limitrophes. Le but était de tester la chaine d’alerte de la FNPC et les délais d’intervention des renforts possibles.
A 14h55, 4 départements avaient répondu positivement et 5 équipes de 4 secouristes avec 5 VPSP pouvaient être envoyés sur place en moins de 24h00 :
PC 69: 1 équipe de 4 secouristes avec 1 VPSP, arrivée sur Grenoble à 17h
PC 26: 2 équipes de 4 secouristes (8 intervenants au total) avec 2 VPSP, arrivées sur Grenoble sous 24h (mardi 06 oct. à 12h)
PC 01: 1 équipe de 4 secouristes avec 1 VPSP, arrivée sur Grenoble à 17h30/ 18h
PC 74: 1 équipe de 4 secouristes avec 1 VPSP, arrivée sur Grenoble à 17h/17h30.
Cet exercice grandeur nature a permis aux secouristes de la Protection Civile de l’Isère présents, de découvrir le fonctionnement réel, de ce type d’intervention très technique. Ils ont aussi pu travailler en collaboration avec d’autres associations, les secours publics et la Police, en étant parfaitement intégrés dans la chaine de secours sur place.
Il fut aussi l’occasion pour la FNPC de tester la réactivité de sa chaine d’alerte et donc de ses membres.
La Protection Civile de l’Isère remercie chaleureusement la Préfecture de l’Isère pour la confiance qu’elle lui porte, les victimes qui ont joué le jeu (jusqu’à se faire doucher à l’eau froide !) afin de permettre à la chaine de secours de s’entrainer, les 4 secouristes et 2 observateurs de la PC 38 qui se sont détachés sur cet évènement ainsi que la veille opérationnelle de la FNPC et les Protection Civile des départements voisins qui ont répondu présent aussi rapidement.
Grace à tout cela, nous avons pu prouver, encore une fois, que nous sommes capables de travailler tous ensemble et pour la Protection Civile, de répondre dans les meilleurs délais à une demande de secours de la Préfecture.

Texte de Ludivine PETIT et Bernard DAVID / Photos de Quentin Chabanne.